Autour d’un projet commun aux Arts plastiques, au Français, à l’Histoire et à l’Allemand, les élèves de 3ème B et de 3ème D ont travaillé pendant tout un trimestre à définir, à évaluer, à imaginer ces visages défigurés de la Grande Guerre.
En français, à travers la lecture et l’étude du roman La Chambre des officiers écrit par Marc Dugain et du visionnage d’extraits du film du même nom de François Dupeyron, ils ont ainsi pu se mettre à la place du personnage principal, Adrien Fournier, et imaginer, approcher les douleurs physiques et psychologiques provoquées par les ravages corporels du conflit de la Première Guerre mondiale. Les élèves ont rédigé, en production finale, une lettre, en se mettant dans la peau d’Adrien. Ils avaient le choix entre deux sujets. Le premier réclamait la rédaction d’une lettre à Clémence, la femme de sa vie, pour lui faire croire qu’Adrien se trouvait toujours sur le front et participait aux combats dans le but de lui cacher son état de gueule cassée. Le second sujet, en revanche, proposait aux élèves d’écrire à un proche d’Adrien pour le préparer à leur future rencontre et expliquer l’état physique et psychologique du personnage.
Ce sujet a permis aussi aux élèves d’étudier en histoire, entre autres, Les Joueurs de skat, tableau du peintre allemand, Otto Dix, ancien soldat de la Grande Guerre, profondément bouleversé et hanté par les horreurs qu’il a vues sur le front. Ils ont approfondi leurs connaissances en réalisant, en groupes, des panneaux d’exposition sur plusieurs sujets. Certains ont travaillé sur Yves-Émile Picot, Bienaimé Jourdain et Albert Jugon, les trois fondateurs de l’Union des Blessés de la Face. D’autres se sont attelés à la présentation du docteur Hippolyte Morestin, chirurgien des Gueules cassées. Un autre groupe a fait des recherches sur Anna Coleman Ladd, sculptrice américaine qui fut responsable de l’atelier de fabrication des masques prothétiques pour les blessés…
Ce projet a permis de donner du sens à l’apprentissage de l’allemand en l’inscrivant dans une réflexion historique et culturelle. Les élèves ont découvert le regard porté en Allemagne sur la Première Guerre mondiale et ses blessés, tout en développant leurs compétences linguistiques.
Afin de favoriser l’engagement personnel de chacun, une grande liberté leur a été laissée quant aux supports d’expression. Les productions réalisées témoignent d’un réel investissement : journaux de bord, dessins, podcasts, vidéos ou encore lettres imaginaires. Elles ont permis aux élèves de donner une voix à ces destins bouleversés.
En arts plastiques, les élèves ont travaillé sur l’impact de la Première Guerre mondiale sur les corps et leur représentation dans l’art. À partir d’extraits du roman Au revoir là-haut de Pierre Lemaitre, ils ont élaboré des productions bi. ou tridimensionnels suggérant des gueules cassées ou plus généralement des visages mutilés, parfois reconstruits à l’aide de prothèses. Ce projet leur a permis de découvrir les techniques du modelage, du collage et de l’assemblage, tout en questionnant, à travers l’étude d’œuvres d’Otto Dix, de Raoul Hausmann, de Pablo Picasso et d’Orlan, la représentation du corps et des blessures physiques comme psychiques.
Le travail transdsiciplinaire autour d’un même thème a donc permis aux élèves de croiser leurs approches et leurs regards, d’enrichir leurs apprentissages et leurs productions.
Madame Buchart, français / Madame Iddouar, arts plastiques / Madame Le Bourn, allemand / Monsieur Lebreton, histoire.

